Vos suites opératoires, chronologiquement.
Un guide patient détaillé du jour de l'intervention à la consolidation à 6 mois. Délais, douleur, kinésithérapie, marche, conduite, sport, travail : chaque étape de votre récupération expliquée. Les délais exacts varient selon votre pathologie et votre récupération individuelle : le détail est donné en consultation préopératoire.
Pourquoi un protocole structuré ?
La récupération après chirurgie orthopédique n'est pas un retour à la normale linéaire : c'est une succession d'étapes ciblées, dont chacune prépare la suivante. Le protocole RAAC (Récupération Améliorée Après Chirurgie) du Dr Pellegrini structure cette progression pour minimiser la douleur, prévenir les complications et raccourcir l'hospitalisation. Le calendrier qui suit est indicatif : les délais varient selon la pathologie traitée (hanche, genou, épaule), votre état général, votre âge et votre niveau d'activité antérieur.
Les éléments communs à toute chirurgie orthopédique programmée du Dr Pellegrini :
- Analgésie multimodale — association de molécules à doses modérées plutôt qu'un seul antalgique fort, pour limiter les effets secondaires et optimiser le confort.
- Lever précoce — le jour même de l'intervention pour les prothèses de hanche et de genou (protocole RAAC).
- Kinésithérapie active — démarrée à J0 ou J+1, ambulatoire pour la suite, à un rythme adapté.
- Suivi rapproché — consultations programmées à J+15, J+45, 3 mois et 1 an.
Le jour J, première mise en charge.
Le jour de l'intervention est encadré par le protocole RAAC. Vous arrivez à jeun (selon les consignes anesthésistes), passez au bloc le matin ou en début d'après-midi, et débutez votre récupération dans les heures qui suivent.
Salle de réveil (SSPI)
Surveillance des paramètres vitaux pendant 2 à 4 heures. L'analgésie post-opératoire est titrée pour atteindre un score de douleur ≤ 3/10. Vous pouvez boire dès la fin du protocole d'anesthésie, puis prendre une collation légère selon les consignes.
Premier lever et reprise alimentaire
Sous couvert de l'analgésie et avec l'aide du kinésithérapeute, le premier lever est tenté dès le retour en chambre. Pour une prothèse de hanche par voie antérieure mini-invasive (VAMI) : mise au fauteuil, puis quelques pas avec déambulateur ou cannes anglaises. Pour une PTG (avec ou sans assistance robot VELYS) : lever debout, premiers appuis. Pour une chirurgie de l'épaule : pas de lever spécifique, mobilisation passive douce du coude et du poignet, attelle d'immobilisation posée.
L'autonomie revient, progressivement.
Les premiers jours sont consacrés à la consolidation des acquis du J0 et à la validation des critères de sortie. La durée d'hospitalisation typique va de 1 à 3 nuits selon l'intervention.
Prothèse de hanche par voie antérieure mini-invasive (VAMI)
Sortie habituellement programmée à J+1 ou J+2. Le matin de J+1 : ablation du drain, première radiographie de contrôle, marche avec deux cannes anglaises sur étage et essai d'escalier. Les critères de sortie sont remplis lorsque vous marchez 30 mètres en autonomie, montez 4 marches, et que la douleur est contrôlée par les antalgiques oraux.
Prothèse totale de genou (PTG)
Sortie habituellement à J+2 ou J+3. La récupération de la flexion du genou est l'objectif principal de cette phase. Cible à la sortie : flexion ≥ 90° et extension complète. Glaçage régulier (toutes les 2 heures), mobilisation passive et active alternées.
Chirurgie de l'épaule (coiffe, prothèse)
Sortie habituellement à J+1 ou J+2. Bras dans l'attelle d'immobilisation 24/24 (sauf toilette et mobilisation du coude/poignet). Pas de mobilisation active de l'épaule avant la consultation post-opératoire : la rééducation démarre progressivement à partir de J+15 à J+21 selon le geste réalisé.
Première phase de rééducation.
Une fois rentré chez vous, le rythme se cale autour de la kinésithérapie, du glaçage régulier et de la marche en autonomie. La consultation post-opératoire à J+15 valide la première étape.
Kinésithérapie ambulatoire
3 à 5 séances par semaine pendant 2 semaines. Le kinésithérapeute travaille sur l'amplitude articulaire, la décontraction des chaînes musculaires, le drainage et la marche. Pour la PTG : récupération de la flexion (objectif 110° à J+15), travail proprioceptif. Pour la PTH par voie antérieure mini-invasive (VAMI) : peu de séances nécessaires, l'objectif est principalement la confiance dans l'appui complet et le renforcement des fessiers.
Anticoagulation préventive
Durée standard : 14 jours pour une PTH/PTG par injection sous-cutanée ou comprimé selon la prescription anesthésiste. Bas de contention pour les longs trajets ou la station debout prolongée.
Cicatrice et soins locaux
Pansement étanche pour les douches autorisées dès J+2 ou J+3. Ablation des fils ou agrafes selon les consignes : souvent à J+12 à J+15 chez un infirmier libéral. Application d'une crème cicatrisante (silicone) à partir de J+21 si la cicatrice est sèche, pendant 3 mois pour limiter la rougeur.
Signes d'alerte à connaître
- Fièvre > 38,5 °C persistante au-delà de 48 h.
- Douleur brutale d'apparition récente, non calmée par les antalgiques.
- Rougeur, chaleur, écoulement de la cicatrice.
- Douleur ou gonflement du mollet (suspicion de phlébite).
- Essoufflement inhabituel, douleur thoracique (suspicion d'embolie pulmonaire — urgence vitale, appeler le 15).
L'autonomie complète se réinstalle.
La douleur s'estompe progressivement, l'amplitude articulaire continue de progresser, et le sevrage des cannes ou de l'attelle commence à se profiler selon l'intervention.
À cette étape, le quotidien reprend son cours. Les courses, la cuisine, les activités domestiques simples sont reprises. Vous marchez en intérieur sans canne pour certains, encore avec une canne en extérieur pour d'autres. La kinésithérapie passe de 3 à 2 séances par semaine, en travaillant désormais la qualité du mouvement plus que la quantité.
Sevrage des aides à la marche
Pour une PTH par voie antérieure mini-invasive (VAMI) : sevrage des cannes habituellement entre 2 et 4 semaines, parfois plus tôt. Pour une PTG : 4 à 6 semaines en moyenne, parfois plus long en cas de raideur préopératoire. Pour une chirurgie de l'épaule : passage à une attelle plus souple ou retrait selon le geste réalisé (validé en consultation J+15 ou J+21).
Reprise des trajets courts en voiture (passager)
Le retour à la consultation J+15 ou J+21 se fait souvent en passager. Au-delà de cette consultation, et selon validation médicale, des trajets courts en passager sans contrainte sont possibles. La conduite (passager actif) n'est généralement pas reprise avant 3 à 6 semaines.
Premier vrai bilan, retour aux activités.
La consultation à J+45 est un point d'étape essentiel. Elle valide la récupération de l'autonomie et programme la reprise progressive du travail et de la conduite.
Lors de cette consultation : examen clinique complet, mesure des amplitudes articulaires, contrôle radiographique pour les prothèses, point sur la kinésithérapie en cours. Cette consultation permet aussi de répondre à toutes vos questions sur la reprise des activités, la conduite, le travail, le sport, les voyages, l'avion.
Reprise de la conduite
Pour une PTH par voie antérieure mini-invasive (VAMI) côté gauche (boîte automatique ou véhicule essence) : souvent dès 3 à 4 semaines. Pour une PTH ou PTG côté droit : 6 semaines en moyenne, à valider par un test de freinage d'urgence avec votre kinésithérapeute. Pour une chirurgie de l'épaule : après ablation de l'attelle et récupération d'une mobilité suffisante pour tourner le volant et passer les vitesses.
Reprise du travail
Travail sédentaire : 4 à 8 semaines selon l'intervention. Travail debout léger : 6 à 10 semaines. Travail physique lourd (port de charges, manutention) : 3 mois minimum, parfois 4 à 6 mois. Un arrêt de travail est délivré et ajusté en consultation.
Sport doux
La natation, la marche soutenue et le vélo d'appartement sont autorisés à J+45 pour la plupart des chirurgies. Les sports d'impact (course, tennis, ski) sont reportés à 3 ou 6 mois selon l'intervention. Voir notre page dédiée à la reprise du sport.
Le palier de la récupération fonctionnelle.
À 3 mois, la majorité des patients ont retrouvé une vie quasi normale. Cette consultation est le bilan fonctionnel central : amplitudes, douleur résiduelle, qualité de la marche, capacité à monter et descendre les escaliers, satisfaction globale.
Pour la PTH par voie antérieure mini-invasive (VAMI) : la fonction de hanche est généralement excellente, la marche est normalisée, les activités quotidiennes sont reprises sans gêne. Le sport doux est consolidé.
Pour la PTG : la flexion attendue est de 115 à 130° à 3 mois. La sensation de raideur résiduelle est encore fréquente mais s'estompe au fil des mois. Le travail debout est repris.
Pour la chirurgie de l'épaule : la rééducation est plus longue. À 3 mois, la mobilité active est progressivement récupérée pour une réparation de coiffe ou une prothèse d'épaule. Les gestes fins de la vie courante sont possibles, les charges lourdes restent à éviter.
C'est aussi à cette étape que sont validées des activités plus spécifiques : voyages longs en avion, activités professionnelles particulières, sports modérés, retour aux loisirs habituels.
Vers une autonomie complète.
À 6 mois, la consolidation osseuse est achevée pour les prothèses, le remodelage tissulaire est avancé pour les chirurgies tendineuses et ligamentaires. La majorité des sports peuvent être repris, dans les limites adaptées à votre prothèse ou réparation.
Une radiographie de contrôle est réalisée à 6 ou 12 mois selon l'intervention. Elle vérifie le positionnement, l'ostéo-intégration et l'absence de signe inhabituel. Pour les ligamentoplasties LCA (technique DT4) : la consolidation du greffon est attendue à 6 mois, autorisant la reprise progressive des sports pivots à partir de cette date, validée par un test isocinétique.
Le suivi devient alors annuel pour les prothèses (radiographie de contrôle, examen clinique court). Pour les chirurgies réparatrices (coiffe, ligaments, ménisques), le suivi rapproché s'arrête à 6 ou 12 mois sauf complication.
Approfondir votre pathologie.
Chaque intervention a ses spécificités. Retrouvez les fiches détaillées par pathologie :
Une question sur votre récupération ?
Chaque parcours est unique. La consultation est l'occasion de discuter en détail des délais adaptés à votre situation, de votre pathologie et de votre rythme de récupération.